Coffee Break 21/01/2019

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Le parlement britannique a rejeté l’accord de retrait négocié par Theresa May avec l’Union européenne, provoquant le vote d’une motion de censure à laquelle le gouvernement a survécu.
  • Malgré le contexte actuel de ralentissement de la croissance mondiale, la période de publication des résultats des entreprises pour le 4è trimestre a commencé sur une note positive en raison des perspectives favorables de plusieurs grandes banques.
  • La fermeture partielle de l’État fédéral américain se prolonge, privant 800 000 fonctionnaires de leur salaire et retardant les autorisations de la SEC.
  • Dans la zone euro, le PIB allemand a augmenté de 1,5 % en 2018 contre 2,2 % en 2017, évitant de justesse une récession au second semestre.

ET ENSUITE ?

  • Un accord de « Brexit » révisé doit être présenté aux députés britanniques.
  • Le forum économique mondial de Davos rassemblera comme chaque année l’élite politique mondiale (Merkel pour l’Allemagne, Abe pour le Japon, Bolsonaro pour le Brésil, Conte pour l’Italie et Ramaphosa pour l’Afrique du Sud), mais Theresa May, Emmanuel Macron et Donald Trump ne seront pas présents.
  • Publication des chiffres de PMI flash pour la zone euro et les États-Unis, qui devraient confirmer que l’expansion actuelle se poursuit malgré son ralentissement actuel.
  • La BCE donnera sa première conférence de presse depuis la fin de son assouplissement quantitatif. Reste à savoir si elle adoptera une attitude plus conciliante en mettant l’accent sur la patience et la flexibilité.

 

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Dans les économies émergentes, l’activité a continué de se ralentir. En Asie notamment, les stocks se sont accumulés et continueront de peser sur la production industrielle.
    • En Chine, le ralentissement n’est pas terminé : les exportations et l’activité industrielle resteront atones pendant un moment. Mais les mesures prises par les autorités pour soutenir l’économie devraient finir par porter la croissance du PIB à environ 6 % en moyenne pour 2019. On notera que les mesures annoncées exigeront des efforts accrus à l’avenir pour assurer la viabilité de la dette publique.
    • Aux États-Unis, la croissance devrait se poursuivre, mais plus lentement (2,4 % en moyenne pour 2019 contre 3 % en 2018). Les effets de la relance budgétaire sont en train de s’estomper et les incertitudes liées au commerce perdurent, mais l’activité des entreprises affiche une certaine résilience et la consommation est soutenue par un marché de l’emploi tendu. La Fed restera pragmatique (« dépendante des données ») pour garantir un atterrissage en douceur. Nous prévoyons deux hausses de taux pour 2019.
    • En Europe, le cycle économique est plus atone (le taux de croissance du PIB devrait être de 1,4 % en moyenne pour 2019) et les risques politiques perdurent. En particulier, l’incertitude liée au « Brexit » mettra du temps à se dissiper. Vu le niveau élevé des stocks, cela aura un impact négatif sur l’activité du Royaume-Uni pendant les prochains trimestres. Dans la zone euro, des facteurs temporaires ont pesé sur l’activité depuis l’été dernier, mais la baisse des prix du pétrole et l’assouplissement des politiques budgétaires devraient permettre à la région d’éviter une récession.
  • Nos vues sur les marchés
    • L’économie mondiale est en train de se ralentir, mais reste en expansion. Les différents risques politiques constituent un obstacle.
    • Les prévisions de ralentissement de la croissance des bénéfices se sont généralisées pour 2019.
    • Les valorisations ont fortement baissé en 2018. La plus grande partie de la révision des prix est probablement derrière nous.
    • Il existe un potentiel important de remontée des marchés en cas de recul du risque politique.
  • Risques
    • Guerre commerciale : la montée des droits de douane et du protectionnisme est en train de ralentir l’économie mondiale, de détériorer les relations internationales et de réduire en fin de compte les marges des entreprises. La Chine et les États-Unis ont convenu d’une trêve à court terme, mais avec la volonté des États-Unis de conserver une longueur d’avance, notamment dans le secteur technologique, il y a peu de chance que ce conflit commercial se résolve rapidement.
    • Ralentissement des marchés émergents : les marchés émergents figurent parmi les régions les plus vulnérables en cas de ralentissement de la croissance mondiale. Toute mesure fiscale ou monétaire visant à atténuer l’impact de la guerre commerciale aura une incidence sur leur budget.
    • Risques politiques dans l’UE : les écueils politiques risquent d’alimenter encore plus l’euroscepticisme alors que les opinions divergent sur un nombre croissant de sujets (« Brexit », budget italien, agitation sociale en France), et que les élections au parlement européen se rapprochent (prévues en mai). La guerre commerciale initiée par les États-Unis n’a eu qu’un impact indirect sur la zone euro.
    • Politique intérieure des États-Unis : la division du Congrès, en plus de la fermeture actuelle de l’État fédéral, des échéances budgétaires à venir et de la réduction des perspectives de croissance mondiale, pèseront sur les exportations américaines alors que la normalisation de la politique monétaire a déjà un impact sur les investissements résidentiels. 

 

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Dans le contexte actuel, nous conservons une légère surpondération des actions en prévision d’une hausse modeste des marchés boursiers en 2019. Sur le plan régional, nous conservons une surpondération des actions américaines et de la zone euro, ainsi qu’un avis négatif sur le Royaume-Uni, en raison des questions toujours en suspens concernant le « Brexit ». Position neutre sur les marchés émergents et le Japon. En matière obligataire, nous conservons une duration courte avec une préférence pour les marchés émergents. Nous avons récemment augmenté notre exposition au segment High Yield américain.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous avons maintenu notre surpondération des actions et conservons un avis positif à moyen terme sur la base des fondamentaux. 
    • Surpondération des actions américaines. La dynamique économique s’est affaiblie, mais elle reste positive. Nous nous attendons à une croissance des bénéfices ralentie, mais toujours positive en 2019. Le ralentissement actuel modèrera probablement les velléités de rigueur de la banque centrale, qui se veut « dépendante des données ».
    • Maintien d’une surpondération des actions de la zone euro. Le ralentissement de la croissance et les incertitudes politiques pèsent de plus en plus sur le marché boursier, mais une éventuelle résolution des conflits actuels pourrait provoquer un fort rebond.
    • Maintien d’une sous-pondération des actions européennes en dehors de la zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif.
    • Position neutre envers les actions japonaises. Les actions japonaises reflètent un risque domestique amoindri grâce à la prolongation pour trois ans des « Abenomics ». La dynamique économique cyclique est en train de devenir moins favorable.
    • Position tactiquement neutre envers les actions des marchés émergents. Bien que nous restions convaincus de leur potentiel de croissance, les marchés émergents sont durement touchés par la guerre commercial et le ralentissement de la croissance des marchés développés.
  • Sous-pondération des obligations et maintien d’une duration courte
    • Nous nous attendons à une remontée graduelle des taux et des rendements obligataires après la forte baisse de ces dernières semaines. En plus de l’augmentation des prix à la production,la hausse des salaires et les droits de douane pourraient pousser l’inflation à la hausse.
    • Une expansion de l’économie européenne pourrait également conduire à une hausse des rendements de la zone euro à moyen terme. Nous nous attendons à une remontée graduelle des taux d’intérêt et conservons une sous-pondération des obligations italiennes. La BCE reste conciliante, mais a mis fin à son assouplissement quantitatif au mois de décembre.
    • Le différentiel de taux d’intérêt entre les États-Unis et l’Europe restera élevé, mais il devrait se réduire progressivement, à commencer par l’extrémité longue de la courbe.
    • Nous avons un avis prudent à moyen terme sur le crédit dans son ensemble, tout en observant des opportunités tactiques au sein de la classe d’actifs, notamment sur le high yield américain.
    • Le segment de la dette émergente fait face à des turbulences, influencé par les discours agressifs liés au conflit commercial et la hausse des taux américains, mais nous pensons que les spreads peuvent encore se resserrer par rapport aux niveaux actuels.Le portage se situe parmi les plus élevés de l’univers obligataire et représente une diversification attrayante par rapport aux autres classes d’actifs.